2.1.5. Contribuer à la sécurité et à la résilience de la vie numérique de la
nation
Une révolution des usages
La disponibilité d’Internet et les progrès techniques révolutionnent les
pratiques de communication, de commerce, d’information. En effet,
aujourd’hui, près de 80 % des foyers français sont connectés et de plus en
plus utilisent des connexions mobiles. En parallèle, les objets connectés et
les systèmes d’intelligence artificielle structurent toujours davantage la vie
quotidienne.
L’évolution vers une société connectée fait émerger la notion de «territoires
numériques de confiance» au service de multiples fonctions économiques
et sociales : intégration des transports publics et privés dans une logique
multimodale et connectée, développement du commerce électronique
et de la livraison à domicile, optimisation des fonctions logistiques et
énergétiques, développement des services numériques de santé, usine
connectée. De nombreux autres domaines d’application (services publics,
bâtiments complexes et la domotique, agriculture de haute précision,
éducation et formation) émergent.
La majorité de la population française connaît donc une vie numérique
qui se densifie, se diversifie, et s’expose de manière grandissante. Les
autorités publiques doivent répondre aux risques cyber que ces évolutions
engendrent, tout en étant elles-mêmes concurrencées sur leurs pouvoirs
historiques par l’émergence d’espaces numériques.
Des menaces émergentes
Le développement de la société numérique fait émerger de nouvelles
menaces à l’échelle des individus.
En effet, la société produit de manière croissante des traces numériques,
volontairement (par l’utilisation d’un service : réseau social, moteur de
recherche, boîte mail) mais aussi par les données, notamment biométriques,
transmises dans les fichiers commerciaux (banques, assurances, mutuelles,
etc.). Elles peuvent enfin être générées dans les services publics en ligne
(impôts, allocations diverses, documents d’identité, etc.). Cela fait
apparaître des enjeux de protection des données contre les cyber-attaques
(pouvant conduire à des vols, usurpations d’identités), de maîtrise des
données personnelles face à leur exploitation par algorithmes d’intelligence
artificielle et de protection de la vie privée.
L’individu, par la concentration de vecteurs connectés (téléphonie,
audiovisuel, véhicule) présente des points de vulnérabilités. De même,
l’émergence du « corps connecté » (pacemaker, pompes à insuline) crée
des nouvelles fragilités, plus essentielles, pour les citoyens.
Ces nouvelles priorités conduisent l’État à apporter des réponses pour
protéger le cybercitoyen en lui apportant les garanties et les réponses
attendues tout en rassurant sur l’étendue des mesures prises dans la vie
numérique.
La société numérique est en outre exposée à des fragilités collectives.
En effet, l’émergence de territoires connectés avec mise en réseau des
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