en effet impératif, pour combattre des réseaux bien organisés, de mieux
mettre en commun le renseignement.
C’est, en définitive, une véritable approche globale de la lutte contre le
trafic de stupéfiants, qui sous-tend les objectifs communs poursuivis par ce
plan national associant plusieurs ministères.
Le dispositif de la lutte anti-terroriste, organisant un chef de filât sur
l’ensemble des services opérationnels en coordination avec l’autorité
judiciaire, a servi de modèle pour l’élaboration d’un plan national de
renforcement de la lutte contre les stupéfiants, ambitieux et basé non
seulement sur le travail en interministériel mais également sur des stratégies
rénovées.
Le plan national comporte 6 objectifs déclinés en 55 mesures :
– l’amélioration de la connaissance des trafics ;
– l’intensification et la rationalisation des activités de terrain ;
– l’accroissement de la lutte contre l’économie souterraine et les circuits
de blanchiment du trafic de stupéfiants ;
– le renforcement de la saisie des avoirs criminels ;
– le développement de la coopération internationale ;
– le renforcement des capacités des services.
Un chef de file unique et identifié contre les trafics : l’OFAST
Sur le modèle de la DGSI dans la lutte contre le terrorisme, le nouvel office
anti-stupéfiant, l’OFAST, installé le 11 février 2020, est le chef de file de la
lutte contre les trafics de drogues.
Succédant à l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants
(OCTRIS), l’OFAST, service à compétence nationale (SCN) placé sous
l’autorité du directeur central de la police judiciaire, anime, en lien avec
l’autorité judiciaire, la politique interministérielle de lutte contre les trafics
de stupéfiants grâce à une coordination du travail des services de police,
de gendarmerie, des douanes, du ministère de la Justice, du secrétariat
général de la mer, du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du
ministère des Armées.
Une déclinaison au plus près du terrain par l’implantation des détachements
et antennes couplée à la généralisation des cellules de renseignement
opérationnel
L’implantation de cet office repose sur une couverture territoriale fine,
intégrant les territoires d’Outre-mer notamment. Courant 2020, 24
antennes ou détachements auront été créés.
A cette déclinaison organique de l’office, s’ajoutent une centaine de cellules
de renseignement opérationnel sur les stupéfiants (CROSS), qui seront
activées, dans chaque département, d’ici la fin de l’année 2020. Les CROSS
sont nées de l’expérimentation fructueuse menée depuis 2015 à Marseille
qui reposait sur le décloisonnement et le partage des renseignements entre
tous les services chargés de la lutte contre les trafics de stupéfiants réunis
au sein de cette instance.
Ces cellules permettent de collecter, recouper et analyser les informations
recueillies. Ancrées localement, elles assurent aux services partenaires une
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