Livre blanc de la sécurité intérieure
mineures ne peuvent donc pas bénéficier des dispositifs favorisant la sortie
de prostitution. Les cellules de lutte contre les trafics (CLCT) pourraient
offrir un cadre adapté au traitement du phénomène (orientation des
CODAF vers certains établissements favorisant la prostitution).
Proposition :
Se doter des outils pour lutter contre le phénomène émergent du
proxénétisme des mineurs selon une approche ministérielle associant
les acteurs étatiques concernés :
– Mettre en place d’un programme de prévention à destination des
adolescents.
– Développer des actions de sensibilisation auprès des acteurs publics
et privés, notamment hôteliers.
–
Déployer des actions de formation au profit des enquêteurs, en
particulier ceux n’appartenant pas à un service spécialisé.
–
Dresser annuellement un état des lieux et structurer la remontée
d’informations.
– Définir la politique publique de lutte contre la traite des êtres humains,
le proxénétisme et les infractions associées.
– Modifier la commission départementale de lutte contre la prostitution
pour l’adapter à la problématique.
2.1.3.
Combattre le trafic de stupéfiants, une démarche globale et
interministérielle profondément rénovée
Le trafic de stupéfiants est la première économie criminelle en France. Il
en est de même au sein de l’Union européenne (24 Mds€ pour l’UE, dont
3,2 Mds€ pour la France). Le trafic de stupéfiants est devenu l’activité
criminelle qui irrigue toutes les autres (règlements de comptes, trafics
d’armes, blanchiment, vols à main armée, financement du terrorisme…).
Les services spécialisés identifient, depuis le milieu des années 2010, une
prédominance du narco-banditisme avec l’alliance entre le banditisme
traditionnel et les trafiquants issus des cités. Ces réseaux se caractérisent par
un enracinement dans les quartiers sensibles, assorti d’une appropriation
de l’espace public difficilement tolérable pour les habitants. Au-delà, un
contrôle social tente de s’imposer à travers des actes d’intimidation envers
la population. Des points de vente de stupéfiants s’implantent dans des
lieux jusqu’alors épargnés et certaines communes rurales deviennent même
des zones de repli pour certains trafiquants. Entre 2006 et 2016, le nombre
de patients traités pour des pathologies liées au cannabis a augmenté de
76% dans notre pays. En dix ans, le nombre de consommateurs de cocaïne
a bondi de 160%.
Le président de la République a souhaité un plan national de renforcement
de la lutte contre les stupéfiants présenté le 17 septembre 2019. A travers
ce plan, il s’agit de mieux coordonner la pluralité d’acteurs impliqués dans
la lutte contre les stupéfiants, à la fois pour éviter les concurrences entre
services, et surtout pour renforcer l’efficience de l’action collective. Il est
89