Livre blanc de la sécurité intérieure
transporteurs, administrations diverses, etc.). A ce jour, les GPO, au nombre
de 950, ont tenu 6 412 réunions sur le territoire national. Les dispositifs
d’écoute et d’accueil des usagers et des victimes sont variés (« café police »,
permanence en maison du droit et de la justice, accueil privilégié dans
les services pour les partenaires, accueil sur rendez-vous, prise de plainte
à l’hôpital, contact par téléphone, SMS ou messagerie électronique afin
d’informer les usagers des suites de leur dossier etc.). Au-delà des policiers
généralistes et des référents thématiques, les efforts réalisés s’appuient sur
le réseau de 228 « délégués à la cohésion police population » qui sont des
capteurs privilégiés.
La gendarmerie nationale a, pour sa part, mis en place des unités
expérimentales pour répondre avec agilité aux besoins opérationnels.
Les brigades territoriales de contact (BTC), par exemple, permettent de
réorienter les unités, à plus faible activité, vers la mission contact et contrôle
des espaces. Initiée en mars 2017, cette expérimentation est conduite avec
succès depuis le 1er juillet 2019 sur 42 brigades. Les dispositifs d’appui
interdépartementaux (DAI, décret du 15 février 2019) ont quant à eux permis
d’élargir la compétence judiciaire au-delà des limites de leur département
à 227 unités dans 44 groupements de gendarmerie. En s’affranchissant des
limites administratives traditionnelles, les DAI permettent ainsi de gagner
en délais de réponse, de rendre plus visible l’action de l’État et de renforcer
le contrôle des flux. L’efficacité opérationnelle de l’action de la gendarmerie
est ainsi renforcée sans générer de coût. Le dispositif DAI sera étendu en
2020 à 350 unités dans 70 départements. Les brigades multi-missions (BMM),
expérimentées dans 4 groupements depuis le 01 juin 2019 ont vocation à
rapprocher, au sein d’un même territoire, les unités de gendarmerie aux
capacités opérationnelles diverses. Cette expérimentation doit démontrer
la capacité à rationaliser et à optimiser l’emploi de ces unités, afin de gagner
en convergence et en cohérence opérationnelle.
Ces dispositifs permettent simultanément d’obtenir des informations
auprès des acteurs d’un quartier et de la population, mais aussi de faire
un retour sur les actions entreprises par les policiers et gendarmes en
particulier dans les quartiers qui sont les plus exposés.
Les quartiers de reconquête républicaine
Le déploiement de 47 quartiers de reconquête républicaine (QRR),
prend en compte de manière spécifique des territoires marqués par des
phénomènes de délinquance ou de violences ancrés depuis de longues
années, par exemple, en raison de l’implantation de trafics de stupéfiants.
La démarche et les modes d’action sont identiques au reste du territoire
mais des ressources supplémentaires sont affectées sur ces quartiers afin
de pouvoir y agir de manière plus forte et de façon durable. Des effectifs
sont donc dédiés à ces secteurs particuliers. Ils permettent de renforcer la
présence de voie publique et l’action judiciaire, de créer ou de renforcer
des unités spécifiques (BST ou GSP) pour répondre aux enjeux du quartier.
De même, dans chaque QRR, une Cellule de Lutte contre les Trafics (CLCT),
co-pilotée par les préfets et les procureurs, a été instaurée. S’appuyant
sur les partenaires et les unités ou services spécialisées (URSAFF, services
fiscaux, GIR, CROSS …), elle est chargée de lutter contre les différentes
formes de trafics qui nuisent à la tranquillité et à l’ordre public (trafics de
stupéfiants, de cigarettes, d’armes, de main d’œuvre, de faux documents
ou d’êtres humains). Son action vise également la saisie des avoirs criminels.
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