Livre blanc de la sécurité intérieure
Les 150 000 agents de la police nationale et les 100 000 militaires de la
gendarmerie nationale (hors réservistes) ont été mobilisés pour répondre
aux attentes de leurs concitoyens et lutter avec une efficacité accrue
contre l’insécurité et la violence.
Le déploiement de lieux de contact, accessibles sur l’ensemble du territoire
répond à une demande forte relayée lors des Assises territoriales de la
sécurité intérieure et la Conférence de citoyens : alors que d’ici 2022,
chaque citoyen pourra trouver, à moins de 30 minutes de son domicile,
une Maison France Services, capable d’offrir un bouquet de services du
quotidien, policiers et gendarmes pourront utiliser ces structures pour aller
à la rencontre des usagers.
Une réduction du nombre de structures existantes permettrait de
rationaliser les niveaux de concertation
La concertation locale doit s’organiser autour de deux niveaux. Un échelon
stratégique et général pourrait, d’une part, être conforté autour du
conseil local/intercommunal de sécurité et de lutte contre la délinquance
(CLSPD ou CISPD), instance partenariale présidée par le maire, avec la
participation du préfet et du procureur de la République. D’autre part, un
échelon opérationnel se structure autour des réseaux d’acteurs transverses
de la société dédiés à la résolution de problèmes locaux (le groupe
partenarial opérationnel – GPO – en est l’entité de base). Cette orientation
pragmatique et au plus proche du terrain est à la base de la sécurité du
quotidien. A ce titre, les GPO dernièrement créés posent la question du
maintien de structures de pilotage plus anciennes, notamment celles des
ZSP. Ces dernières semblent redondantes avec les nouveaux dispositifs. La
concertation organisée pour le Livre blanc (auditions et assises territoriales)
a fait apparaître un besoin de clarification.
À cet égard, sans y recourir de manière systématique et afin de prendre en
compte les instances déjà existantes (conseils de quartier, comités « voisins
vigilants »), nombreuses sont les initiatives de terrain plaidant pour la mise
en place de comités consultatifs de citoyens ayant pour objectif de leur
permettre une plus grande implication dans les questions de sécurité dans
le cadre d’un échange direct sur les mesures engagées par les policiers, les
gendarmes et leurs partenaires dans le quartier où ils vivent. À ce titre,
les échanges et documents doivent pouvoir être adaptés aux territoires
ultramarins, et être traduits en langues locales pour une meilleure
acceptation (exemple : coopération avec les amérindiens en Guyane face
à l’orpaillage illégal).
La sécurité du quotidien repose avant tout sur une approche pragmatique
des problèmes rencontrés par les habitants. Elle mobilise un ensemble
d’acteurs partenaires dont la mission première n’est pas la sécurité :
transporteurs, associations de quartier, commerçants, bailleurs.
Habitat collectif
Les représentants des syndics de copropriété ou bailleurs institutionnels
pour les logements collectifs sociaux, sont responsables de la tranquillité
et du bon ordre dans les résidences alors que celles-ci deviennent des
lieux d’incivilités ou d’activités prohibées à l’abri du regard des forces de
l’ordre dans nombre de quartiers sensibles.
Face aux critiques fondées des habitants, les bailleurs au travers de leurs
agents peuvent exercer un rôle de proximité dans le déploiement d’une
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