Livre blanc de la sécurité intérieure

la plupart dépendants du niveau zonal, y compris pour des interventions
mineures (réparation de véhicules, ou pannes de matériels).
Sur le plan des ressources humaines, et en particulier dans la police
nationale, les chefs de services sont sollicités au moment des campagnes
de mutation et d’avancement, mais il n’est pas rare que par le jeu des
discussions entre l’administration centrale et les organisations syndicales,
leurs propositions se trouvent mises en cause. Ils sont alors mis devant le
fait accompli de promotions ou de mutations qu’ils n’ont pas proposées, et
dont ils ont parfois le plus grand mal à justifier la légitimité auprès de leurs
équipes.
Face à ce constat, il apparaît indispensable de donner aux responsables
territoriaux les moyens de piloter leur service et un espace de responsabilité
qu’ils revendiquent à juste titre. Sur le plan budgétaire, cette déconcentration
peut conduire à leur donner la qualification de responsables d’UO, dans le
cadre d’une reconfiguration de la maquette budgétaire qui sera issue de la
réforme de l’organisation de la police nationale.
En ce qui concerne la gestion des ressources humaines, il faut affirmer
résolument le principe selon lequel l’avis du chef de service territorial est
suivi, sauf exception qui doit alors lui être dûment indiquée, afin qu’il ne
soit pas informé des décisions a posteriori.
Proposition :
Donner plus de pouvoir aux chefs de service de police et de gendarmerie
par un processus de déconcentration significatif de la gestion des
personnels et des moyens.

Promouvoir des outils de pilotage qualitatifs
La capacité de chaque échelon hiérarchique à exercer ses fonctions
managériales dépend largement de la définition d’un cadre d’action précis
pour l’activité de son service : on ne peut donner du sens à l’activité de ses
équipes que si on connaît ses objectifs pour les décliner au sein du collectif
de travail.
Si les objectifs chiffrés ont un temps prévalu pour les services de police et
de gendarmerie, la dimension qualitative de l’activité de lutte contre la
délinquance et de protection des populations n’est aujourd’hui que très
insuffisamment formalisée.
Elle constitue pourtant un élément essentiel de la définition d’une stratégie
d’action territoriale adaptée. La démarche de police de la sécurité du
quotidien s’inscrit d’ailleurs dans cette logique.
L’élaboration de lettres de mission pour les responsables de l’encadrement,
commissaires de police et officiers de gendarmerie, à l’occasion de leur
prise de fonction, permettrait d’ancrer cette approche dans l’activité
territoriale, dont elle prendrait en compte les spécificités locales. Leur
élaboration serait en partie confiée à ces responsables, qui pourraient
ainsi se les approprier. Elle leur permettrait de décliner dans leur service les
orientations retenues. Elles serviraient également de support au moment
de l’entretien d’évaluation.
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