de sécurité et d’interopérabilité à respecter seraient définies, dans le
domaine du chiffrement et des modalités techniques d’accès par les
services régaliens.
Les besoins de prestations de cloud interne recouvrent l’ensemble de la
gamme technique : IaaS, PaaS et SaaS. Il s’agit de permettre au ministère de
l’lntérieur d’atteindre un niveau de performance informatique supérieur,
avec des solutions techniquement à l’état de l’art, dans une cohérence
technologique entre l’offre interne et celles portées par les industriels. Il
est très important que les logiciels puissent fonctionner de manière fiable
lorsqu’ils sont déplacés d’un environnement informatique à un autre.
L’emploi des technologies de dernière génération permettrait ainsi de
gagner en modularité et en vitesse d’exécution. De plus, l’offre numérique
en nuage devra être accessible à l’ensemble des ministères par interfaces
applicatifs et respecter le référentiel de sécurité SecNumCloud défini par
l’ANSSI.
Toutes ces caractéristiques sont indispensables pour garantir
l’interopérabilité avec le cloud étatique dédié du cercle 2, duquel le
ministère attend les mêmes orientations. Il est également indispensable
que les clouds 1 et 2 soient aisément interconnectables avec les autres
solutions externes. L’interconnexion inter-clouds est nécessaire pour doter
le ministère de l’Intérieur d’une capacité de débordement, aussi bien pour
la gestion répartie de grosses quantités de données que pour satisfaire des
pics de puissance de calcul.
Atteindre le niveau d’interopérabilité requis nécessite une évolution de la
géographie actuelle des partenariats public/privé pour les marchés publics
à venir. Il paraît d’ailleurs opportun d’envisager un nouveau cadre juridique
permettant à un prestataire de fournir une solution d’orchestration et
la plateforme matérielle associée, et de les installer dans les emprises
du ministère. En contrepartie de la mise à disposition d’une fraction de
la puissance de calcul de la plateforme, le ministère de l’lntérieur aurait
la charge de garantir de bonnes conditions d’hébergement (sécurité
physique, fourniture énergétique, système de refroidissement, partage
des responsabilités pour la supervision quotidienne de la plateforme). Le
prestataire pourrait quant à lui commercialiser l’autre partie de la puissance
de calcul à d’autres organismes éligibles, en premier lieu ministères et
opérateurs d’importance vitale.
L’informatique en nuage est un domaine de haute technicité. Développer
une offre robuste exige de consentir de nouveaux investissements
substantiels pour revoir et développer l’infrastructure informatique
vers une offre cloud interne sécurisée, et de s’attacher les compétences
informatiques nécessaires. Le ministère de l’lntérieur doit disposer de la
latitude et des moyens de conduire une politique de ressources humaines
informatiques adaptée à l’ambition de souveraineté et de résilience d’un
cloud interne souverain, dans un marché spécialisé du travail étroit et
particulièrement concurrentiel.
L’orientation cloud que doit résolument poursuivre le ministère de
l’Intérieur, de nature centralisatrice, n’est nullement exclusive d’autres
besoins de développement informatique. La capacité du ministère à
s’inscrire dans le mouvement des véhicules et des objets connectés, et à
exploiter la vaste quantité de données utiles à ses activités opérationnelles
qu’ils collecteront, ne doit pas être bridée. La stratégie d’infrastructure
doit donc aussi prévoir pour de nombreux usages le renforcement de
capacités de calcul et d’hébergement de données locales ou régionales.
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