Livre blanc de la sécurité intérieure
1.5.
Renforcer le traitement transversal des questions européennes et
internationales de sécurité intérieure au sein d’une direction dédiée
La dimension communautaire et internationale des politiques publiques
s’est considérablement affirmée, au cours des dernières années, dans
le champ de compétence du ministère de l’Intérieur : qu’il s’agisse de
la politique de l’asile, de la protection des frontières, de la police des
étrangers, de la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, de la
sécurité civile ou encore des systèmes d’information, l’Union européenne,
en particulier, joue aujourd’hui un rôle déterminant. Parallèlement, un
nombre croissant d’enceintes internationales traitent désormais de
sujets essentiels pour les politiques régaliennes relevant du ministère de
l’Intérieur, comme le déploiement de missions civiles de l’ONU ou de l’UE,
la dissémination des contenus terroristes sur Internet, le financement du
terrorisme ou la politique migratoire. Enfin, des cadres de coopération
structurés existent autour des enjeux méditerranéens, ou encore des pays
d’Afrique subsaharienne
Face à ce constat le ministère de l’Intérieur est engagé dans une
transformation de ses méthodes de travail par la création d’un échelon
transversal aujourd’hui manquant.
Il est souhaitable que le ministère soit doté, au sein du secrétariat
général, d’une direction des affaires européennes et internationales, à
même d’élaborer une stratégie ministérielle, d’organiser la mobilisation
collective sur les sujets structurants et de s’assurer en interne de la bonne
appropriation des questions communautaires et internationales.
Il est souhaitable que le ministère soit doté, au sein du Secrétariat
général, d’une direction des affaires européennes et internationales, à
même d’élaborer une stratégie ministérielle, d’organiser la mobilisation
collective sur les sujets structurants et de s’assurer en interne de la bonne
appropriation des questions communautaires et internationales.
Alors que le ministère de l’Intérieur est le premier acteur de la sécurité
intérieure dans l’Union européenne en termes d’effectifs, la mise en place
d’une Direction des affaires européennes et internationales (DAEI) parait
pleinement justifiée.
De façon synthétique, les compétences de la DAEI auraient vocation à
s’articuler autour de missions :
– de synthèse à travers une chancellerie diplomatique chargée de préparer
les échéances diplomatiques du ministre,
– d’interface organisant la réponse aux demandes extérieures, assurant
un contrôle qualité des productions et un appui à l’arbitrage en cas de
divergences interservices,
– de négociation et de pilotage sur les priorités ministérielles relevant du
champ de plusieurs directions,
– de veille et d’anticipation au profit de la communauté ministérielle,
–
de conception et de déclinaison d’une stratégie internationale du
ministère, à travers l’établissement de liens de coopération institutionnelle
et d’actions d’influence.
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