traduction d’une activité qui dépend essentiellement de l’action et de la
présence des forces de l’ordre, ainsi que des modalités d’enregistrement
des faits par les agents. En outre, tandis que la délinquance a tendance
à s’uniformiser sur le territoire (cyber, escroqueries, terrorisme, atteintes
aux biens, violences…), il n’y a pas de définition claire et partagée d’une
délinquance qui serait propre à l’urbain. Il faut donc dorénavant s’appuyer
sur d’autres éléments pour différencier ZPN et ZGN et adopter une vision
pragmatique et locale, fondée sur la réalité des territoires et le service
rendu à la population. ZPN et ZGN ne peuvent plus se définir par défaut
l’une de l’autre, mais dans une optique de vraie complémentarité, justifiée
par la réalité d’un territoire considéré, sur lequel leurs modes d’action et
d’organisation les rendent, l’une ou l’autre, plus adaptées.
Ainsi, la ZPN se caractérise par un principe général de concentration,
dans une approche « verticalisée » : sur des superficies réduites (4 % du
territoire national), s’agglomèrent à la fois des problématiques d’habitat
avec une densité forte (1 300 hab/km² en moyenne, hors préfecture de
police), d’activité économique et d’emploi, de nœuds de transports publics
structurants et d’axes de communication traversants. La police s’organise
pour faire face aux conséquences de ce principe de concentration en
matière de sécurité publique, dans tous ses aspects. Elle assure à cet effet
une présence et un accueil permanent (J7/H24), dans une logique de
disponibilité immédiate. La ZGN se définit quant à elle par un principe
général d’espace, dans une approche « horizontalisée » : sur une superficie
très étendue (96 % du territoire), elle oblige à une rationalisation des
moyens, pour faire face à des problématiques très réparties, différenciées
d’un territoire à l’autre, y compris par la densité de population, et dominées
par les mobilités. La gendarmerie s’organise dès lors pour optimiser sa
réponse : être là et au moment où le citoyen a besoin d’elle, dans une
logique de disponibilité sur-mesure.
Si l’urbain dense et le rural profond ne font pas débat dans leur identification
et dans la force de sécurité à laquelle ces territoires doivent être
respectivement confiés, c’est sur le périurbain, id est la jonction entre l’urbain
et le rural, soit 40 % du territoire métropolitain aujourd’hui (INSEE) dont les
distinctions tendent à s’amenuiser, que se pose davantage la question du
meilleur choix à faire. Par nature hétérogène, le périurbain ne peut plus
aujourd’hui être traité dans une approche mécanique et déconnectée du
cadre de vie des habitants. Au contraire, il appelle une réponse de sécurité
publique différenciée et adaptée à la configuration locale. D’un périurbain
à l’autre, police et gendarmerie seront alternativement en mesure
d’apporter la réponse sécuritaire optimale. La qualité de cette réponse sera
conditionnée par plusieurs facteurs-clés :
– organisation locale de la force compétente ;
– capacité à assurer une présence permanente, visible et rassurante, dans
ces zones aux attentes différenciées ;
–
capacité à monter en puissance de manière autonome pour gérer
efficacement une situation particulière, soudaine ou prévisible.
Ces facteurs-clés, une fois confrontés à la typologie du territoire, permettront
de répartir celui-ci « au mieux disant » en termes de service public de
sécurité, sous l’égide du préfet. Cette répartition doit être appuyée par des
études d’impact et interrogée par un dialogue pluri-partenarial à l’échelon
local, lequel est le mieux placé pour proposer d’éventuelles évolutions. La
consultation préalable des élus locaux concernés par une opération de
redéploiement des forces de l’ordre est d’ailleurs posée comme un postulat
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