l’inspection du renseignement :
– Développer la production de synthèses consolidées, et endossées
par l’ensemble des services impliqués à destination des autorités
nationales et territoriales.
– Renforcer l’échanges d’information interservices et veiller à mobiliser
tous les outils de police administrative pour lutter contre les
mouvances ultra (dissolution de groupuscules, police administrative
des armes, etc.).

2.2.2.Garantir la liberté de manifester tout en assurant la sécurité de tous et
la protection des institutions
Aujourd’hui, les modalités de contestation au cours des manifestations
dans notre pays ont profondément changé. Les cortèges doivent désormais
composer avec l’infiltration de groupes très violents qui n’hésitent pas à
aller d’emblée au contact des forces de l’ordre et rechercher l’affrontement.
Cette augmentation des forces radicales de contestation se conjugue avec
des mobilisations caractérisées par leur imprévisibilité, l’absence fréquente
de déclaration ou de service d’ordre et un refus de l’exercice codifié des
manifestations qui a pu exister dans le passé.
Lorsque des violences surviennent, ces scènes, relayées massivement par
les médias et les réseaux sociaux, suscitent une vive émotion chez nos
concitoyens. Pour autant, il est parfois observé un effet d’entraînement
chez certains manifestants, pouvant conduire à des comportements
violents et à un rejet de toute action policière. Dans le même temps, les
forces se savent astreintes à une exigence permanente d’exemplarité et de
professionnalisme. Elles agissent en outre sous l’observation permanente
des médias et des manifestants à la recherche de la faute, ou d’une image
pouvant être interprétée comme telle, en vue de délégitimer leur action.
Veiller, en permanence, à un équilibre entre la sécurité de tous, manifestants
ou non, et la liberté, de manifester et de s’exprimer
Les violences contemporaines commises à l’occasion de grands
rassemblements de voie publique ont pris de nouvelles formes dès les
années quatre-vingt-dix avec en point d’orgue, les affrontements lors du
sommet de l’OMC à Seattle. Puis, en France, pour la première fois, lors du
sommet de l’OTAN de Strasbourg en 2009, avec des dégâts spectaculaires
et conséquents. Des individus s’insèrent notamment dans les cortèges pour
commettre des dégradations et rechercher d’emblée des affrontements
avec les forces de l’ordre, à l’instar des black blocs, actifs lors des
manifestations contre la loi El Khomri les 1er mai 2017 et 2018. Des formes
similaires de violences ont émaillé les manifestations du mouvement dit
des « gilets jaunes », avec notamment le saccage de l’Arc de Triomphe. Ces
violences s’inscrivent donc dans le temps.
Face à ces évolutions, l’évacuation de Notre-Dame-des-Landes a marqué
une étape importante dans la planification et l’exécution d’une opération
complexe de maintien de l’ordre, par le recours en particulier à l’usage
de drones et à la judiciarisation systématique des individus violents. Le
ministère de l’Intérieur a dû très rapidement modifier la doctrine : identifier
106

Select target paragraph3